Comment est venu l’idée de Mon gras et moi ?
Gally : c’est mon chéri qui l’a eue ! Après avoir quitté Nice pour emménager à Brest, j’ai, le temps n’aidant pas, déprimé pendant un an… et pris beaucoup de poids. J’avais besoin d’extérioriser ce que je vivais, j’ai donc traité du problème de poids dans mon livre, j’espère de façon humoristique, pas seulement tragique et triste.
La BD autobiographique, c’est un style qui vous attirait au préalable ?
G : c’est assez naturel pour moi puisque je viens du blog bd, c’est par ça que j’ai commencé. Je n’avais absolument pas l’idée de faire carrière dans la bande dessinée, mais c’est à force de dessiner sur le blog. Sur ce dernier, il y a forcément une grande part d’autobiographie, puisque c’est un peu ma vie au jour le jour que je dépeins. Maintenant, j’ai envie de m’attaquer à de la fiction, parce qu’à un moment, faut arrêter de raconter sa vie !
Vous continuez à alimenter votre blog ?
G : oui, j’en ai même trois. Mais je vais revenir à un seul, c’est suffisant.
Vous pensez que les blogs BD insufflent quelque chose de nouveau dans le monde de la bande dessinée ?
G : je pense qu’ils offrent une « vitrine » aux nouveaux talents, car il n’y a plus vraiment d’organes de presse qui permettent de découvrir les jeunes artistes. Avec un blog, on peut se lancer et progresser. Et puis, on est une communauté, on s’entraide, on regarde ce que font les autres, c’est chouette !
Graphiquement, comment avez-vous abordé Mon gras et moi ?
G : ça s’est imposé assez rapidement, dans le sens où il s’agissait de mettre en avant les courbes, les formes, les rondeurs… Donc, j’ai utilisé le pinceau pour réussir les pleins et les déliés. Sinon, par rapport à la couleur, j’avais envie de sortir un album en bichromie : j’ai choisi le rose parce que ça évoque les bonbons, la chair, mais aussi les filles.
Emeline Lautier, la directrice de Diantre, me taperait si elle m’entendait, mais je pose quand même ma question : ce n’est pas un album destiné uniquement aux filles, il y a des garçons qui le lisent, non ?
G : oui, il y a beaucoup de garçons qui ont lu Mon Gras et moi. Je pense que ce sont, pour la plupart, de fidèles lecteurs de mon blog qui ont découvert cet univers de la fille qui complexe sur ses bourrelets. Beaucoup me disent avoir pris l’album sur la table de chevet de leur copine, et ils l’ont autant aimé qu’elle !
Quelles sont vos influences ?
G : elles sont vraiment nombreuses. J’ai dévoré des tonnes de bandes dessinées, car j’ai été libraire pendant quelque temps. Ceux qui m’ont le plus marqué sont Lewis Trondheim, Sfar, Blain, Blutch… qui apportent, selon moi, un souffle nouveau, une autre façon de raconter des histoires en bande dessinée.
Les projets ?
G : ce n’est pas signé, mais on devrait réaliser un album érotique avec mon amoureux, le dessinateur Obion. Ça sera un principe de ping-pong, où chacun dessine de petites choses auxquelles l’autre doit répondre. C’est, a priori, ce que je vais faire cette année : dessiner des fesses ! (rires)


