Serge Ricco, directeur artistique de Télérama
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
A l’école, en cours d’histoire de l’art. La première image, c’est Bob Dylan.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Son travail de directeur artistique sur le magazine New York, qui est beaucoup repris par l’actuelle jeune génération de graphistes. Je citerais aussi le logo I Love NY, ainsi que la fameuse image de Bob Dylan. Ce sont deux images fondatrices auxquelles j’ai rendu hommage en couverture de Télérama.
Do you love Milton ?
Oui. Il est parvenu à dépasser la gloire qu’il a connue dans les années 1970, à ne pas rester que dans la mode. ll est, selon moi, intemporel par rapport à une période qui me semble très marquée, c’est la force d’un grand graphiste. Et il est intéressant de constater ici, à la galerie Martel, que c’est aussi un excellent illustrateur.
Grégoire Solotareff, illustrateur
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
Je suis un vieux crocodile ! Pour moi, Milton Glaser et le Push Pin Studio, ça évoque les années 1970. Dès que j’ai commencé à regarder l’illustration, je suis tombé sur Milton Glaser, c’est à dire il y a longtemps.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Oui, ses illustrations dans le magazine Lui, quand Alain Le Saux était directeur artistique. Ce dernier publiait des images de Pascalini (Charles Matton), Jean Lagarrigue et… Milton Glaser.
Do you love Milton ?
I love Milton parce que c’est l’histoire. Ce n’est pas ce que je préfère aujourd’hui, mais c’est quelqu’un qui a beaucoup compté. Il est une star au Etats-Unis, mais reste très peu connu en France.
Patrice Leconte, réalisateur
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
Je me souviens très bien de la première fois où j’ai découvert ce graphiste et illustrateur qui me transporte. J’étais adolescent, je ne savais pas encore si j’arriverais à faire du cinéma. Ma passion, c’était les arts graphiques, et j’étais abonné à une revue suisse qui s’appelait Graphis, défunte aujourd’hui. J’y voyais les travaux de Milton Glaser, du Push Pin Studio, de Seymour Chwast et d’autres qui ont fait partie de ce studio. Le travail, le talent, la qualité de ces gens-là me laissait pantois.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
J’aime l’affiche de l’exposition sur Dylan, l’idée est simplissime. Graphiquement, on a l’impression que l’on pourrait faire pareil, qu’on pourrait approcher cette perfection et cette simplicité, et ça, ça me touche !
Do you love Milton ?
I’m fond of ! J’aime ces graphistes qui ont un vrai style et une élégance du trait. Par exemple, je suis fan de cet affichiste qu’était René Gruau. Il travaillait dans le parfum et la mode au XXe siècle, il avait cette élégance comme Milton Glaser. Je pense aussi aux travaux de Charles Matton (qui signait Pascalini). Lui, ainsi que Milton Glaser, avait un tel talent de l’enchevêtrement, des crayons de couleur, des encres, de mélange de techniques… on se sent un nain à côté de ça !
Ted Benoît, dessinateur
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait un gros bouquin sur lui que j’ai énormément feuilleté. J’aimais cette alliance du dessin, de la mise en page, de la typo.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Non, mais la couverture de ce livre, c’était le dessin de Dylan, utilisé pour l’affiche de l’expo. Celle-là, je l’ai donc reconnue tout de suite.
Do you love Milton ?
Oui, pour l’ampleur de sa vision. Il utilisait des techniques différentes, il trouvait une solution à chaque problème, ce que je n’arrive pas à faire. Et il n’essayait pas, ce que j’admire beaucoup, d’avoir un style, il y avait un style différent à chaque image, et on le reconnaissait quand même !
Lorenzo Mattotti, auteur de BD, illustrateur
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
Il y a très longtemps en Italie, à travers ses couvertures de livres et ses affiches. Son travail m’a toujours accompagné et beaucoup stimulé. De plus, en Italie, les travaux de Milton Glaser étaient plus nombreux et accessibles qu’en France.
Plus tard, j’ai participé à une exposition collective avec les grands maîtres que sont Glaser, Folon et Tullio Pericoli. Moi, j’étais le plus jeune, et j’ai pu le rencontrer. Ensuite, nous avons travaillé ensemble pour la galerie Nuages à Milan, nous avons illustré La Divine Comédie de Dante. Moi, j’ai dessiné L’Enfer, Milton Glaser Le Purgatoire, Moebius, Le Paradis.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Non, ça fait partie vraiment d’une période. Quand j’ai commencé à réaliser des affiches, j’allais toujours voir ce que Milton Glaser avait fait, c’était une référence.
Do you love Milton ?
I love Milton pour son inventivité, sa créativité, pour la grande légèreté de ses couleurs, parce qu’il n’avait pas peur de mélanger les styles… et pour le bonheur qu’il nous donne avec son travail.
Michel Bouvet, affichiste
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
J’étais aux Beaux-Arts, un ami ma prêté le livre Milton Glaser, design graphic. Je me suis plongé dedans, ce fût l’une de mes découvertes du graphisme avec notamment l’affiche de Bob Dylan. Je l’ai tellement regardé que j’ai dû me faire mal aux yeux. Mes premières affiches sont totalement influencées du travail de Milton Glaser.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Le chien d’Olivetti ! Milton Glaser l’avait dessiné de dos avec un museau incroyable et il avait simplement inscrit Olivetti en dessous. Je me suis dit que le client était pas idiot et que le graphiste était talentueux, le mélange des deux est souvent intéressant.
Do you love Milton ?
I love Milton parce c’est un graphiste de talent mais aussi un graphiste engagé. Quelqu’un qui, à près de 80 ans, enseigne à la School of Visual Arts, et demande à ses élèves régulièrement de s’engager dans la société, pour l’environnement, en politique, etc… C’est assez rare, il donne un bel exemple aux gens qui se désintéressent beaucoup du monde dans lequel ils vivent.
Cristina Taverna, directrice de la galerie Nuages et éditrice.
Comment avez-vous découvert Milton Glaser ?
Je connaissais évidemment le logo I Love NY. Mais, personnellement, c’est par Jean-Michel Folon, un ami dessinateur avec qui je travaillais que je l’ai rencontré. Je suis allez le voir en 1986 dans le midi de la France et Milton Glaser était là. J’ai découvert ensuite toute son œuvre. J’ai exposé son travail à plusieurs reprises dans ma petite galerie et j’ai édité plusieurs livres : Les Fleurs du mal, Le Purgatoire (La Divine Comédie)… On est devenu amis et on l’est encore !
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Sûrement le portrait de Bob Dylan parce qu’avant de connaître Milton, je connaissais cette affiche. Mais aussi le travail qu’il a fait pour Piero della Francesca que je trouve magnifique. Il a dit une fois : « Je ne suis pas devenu peintre car je n’aurais rien changé dans l’art ». Mais je pense qu’en épousant le métier de graphiste-illustrateur, il est devenu aussi un grand artiste !
Do you love Milton ?
Oui, parce que c’est homme parfait. Jean-Michel Folon blaguait en disant Milton n’a pas de défauts, il faut trouver un défaut à Milton ! Ça, c’est du point de vue humain, mais artistiquement il est parfait aussi !
Sonia, étudiante en communication visuelle à l’école Olivier de Serres
Comment a-tu découvert Milton Glaser ?
Grâce à mon école, une amie dans notre classe a fait un exposé sur lui et nous a présenté son travail.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Je préfère ce qu’il a dessiné de plus épuré donc forcément l’affiche de Dylan et le logo I love New York.
Do you love Milton ?
J’admire la partie graphique de son travail, je suis moins intéressée par son travail d’illustrateur, mais j’apprécie tout de même son côté polyvalent. Même si tout son travail ne me plaît pas forcément, je le trouve très novateur.
Hélène, étudiante en communication visuelle à l’école Olivier de Serres
Comment as-tu découvert Milton Glaser ?
Lors de nos cours sur les arts graphiques. Mais on se rend compte qu’on le connaissait avant de savoir qui c’était.
Y a-t-il une œuvre en particulier qui vous a marqué ?
Ce qui m’a marqué, c’est qu’aujourd’hui je me suis baladé dans Paris et j’ai vu un camion sur un marché sur lequel il y avait un énorme tag, qui reprenait le dessin de l’affiche de Dylan et qui intégrait un autre tag. Je trouvais ça intéressant de voir l’art de rue mélangée à de l’art appliqué, le graphisme d’un grand Monsieur qui se retrouvait sur un camion parisien qui transporte des légumes. C’est un beau message pour Milton Glaser, ça veut dire que c’est une image qui a de l’impact.
Do you love Milton ? Est-ce que j’aime Milton Glaser ? Je suis très impressionnée par son travail et je pense que l’on a beaucoup à apprendre de lui, il y a des questions graphiques et esthétiques auxquelles il a su répondre durant sa carrière.

